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Le vignoble Vendômois



LE COTEAU DU VENDÔMOIS, UNE AOC ENCORE MÉCONNUE

Coteau du vendômoisL’Appellation d’Origine Contrôlée « Coteaux Du Vendômois » est encore largement méconnue des Français. Et pourtant…., on vous invite à venir le découvrir de toute urgence et sans modération...

 

Petite devinette pour commencer

Ils sont vinifiés en rouge, en blanc ou en gris, et, bien que produits uniquement en Loir-et-Cher (vallée du Loir), ils se trouvent souvent classés parmi les vins « de Touraine ». Les démarches dynamiques et qualitatives de leurs vignerons se sont vues récompensées d’une AOC en 2001. De qui s’agit-il?

Des Coteaux du Vendômois, bien sûr!

 

Vous ne les connaissez pas? Allez, un peu d’histoire

La première mention écrite des vins du Coteaux du Vendômois remonte à l’an 1000. On sait égalemùent qu’Henri IV s’est arrêté un jour à l’Ouest de Vendôme pour se rafraîchir avec le vin local et que, l’ayant apprécié, il en a commandé pour son château de Saint-Germain-en-Laye (où la commande écrite est d’ailleurs préservée).

Après la crise de 1929, les vignerons des cantons de Vendôme et de Montoire-sur-le-Loir décident de s’unir pour mieux défendre leurs intérêts. Ils créent en 1932 l’association des viticulteurs des coteaux du Loir.

caves à vin10 ans plus tard, l’association dépose un dossier en vue d’obtenir une appellation VDQS (vin délimité de qualité supérieure) Coteaux du Loir Vendômois, statut obtenu en 1945. L’appellation n’est revendiquée que quelques années , puis, par manque de dynamisme, disparaît.

Parallèlement, en 1948,, la vallée du Loir (Sarthe et Indre-et-Loire) obtient une AOC Coteaux du Loir.

A partir de 1962, le mot « vendômois » s’ajoute au nom de l’association dans les procès-verbaux…

Un an plus tard, consciente des intérêts (notamment commerciaux)d’une appellation, l’association demande l’attribution d’un VDQS « Coteaux du Vendômois », obtenue en 1968. Un syndicat de producteurs VDQS est créé. Il se substitue peu à peu à l’association qui existe néanmoins toujours. Il regroupe une quinzaine de viticulteurs indépendants ou en GAEC et la coopérative vinicole, représentant une cinquantaine d’adhérents en appellation. Ses efforts visent à obtenir l’AOC Coteaux du Vendômois. Des démarches sont entreprises en ce sens dès 1987. Sa pugnacité est récompensée par la parution du décret relatif à l’AOC le 2 mai 2001.

 

Et le vignoble vendômois dans tout ça?

Si la vigne est toujours présente en Vendômois, elle a progressivement perdu sa place d’honneur au profit des champs de céréales. Ce sont près de 90% du vignoble qui ont été arrachés après la Seconde Guerre Mondiale.

Mais depuis l’obtention de l’Appellation d’Origine Contrôlée « Coteaux du Vendômois » en 2001, les viticulteurs peuvent désormais jouer la carte « terroir ».

 

Comme pour toute appellation, l’aire géographique de production des Coteaux du Vendômois est clairement définie.

Elle concerne 27 communes de Loir-et-Cher: Artins, Azé, Couture-sur-Loir, les Essarts, Fontaine-Les-Coteaux, Houssay, Lavardin, Lunay, Marcilly-en-Beauce, Mazangé, Montoire-sur-le-Loir, Naveil, Les Roches-L’Evêque, Saint-Martin-des-Bois, Saint-Ouen, Saint-Rimay, Sougé, Ternay, Thoré-La-Rochette, Tréhet, Trôo, Vendôme, Villavard, Villedieu-Le-Château, Villerable, Villiersfaux, Villiers-Sur-Loir.

L’aire d’appellation potentielle est de 450 hectares. En 2002, 130 hectares d’AOC ont été revendiqués par les viticulteurs. En quantité, l’AOC a représenté 8 200 hectolitres la même année.

Le climat y est moins océanique qu’en Sarthe voisine, mais la vallée du Loir jouit d’un microclimat très marqué. Le sol est dit d’argile à silex.

 

Et les cépages?

Le Pineau d’Aunis, s’il est un cépage capricieux, n’en donne pas moins un vin à la saveur poivrée caractéristique: le « gris » frais.

Comme son nom l’indique, ce cépage tire sa dénomination du lieu-dit Aunis, à Dampierrre, près de Saumur (Maine-et-Loire) où, au Moyen Âge, des moines cultivaient la vigne. Supplanté en Anjou par le cabernet, le pineau d’Aunis n’est plus cultivé que dans sa région d’origine et en vallée du Cher.

Il est reconnaissable à son bourgeonnement cotonneux blanc à liseré rouge, à ses jeunes feuilles duveteuses à plages bronzées, puis plutôt rondes. Les dents ogivales sont moyennes, le limbe est duveteux en dessous.

Ce cépage, imprévisible d’une année sur l’autre quant à la forme de ses grappes, résiste assez bien à l’oïdium (maladie causée par des champignons parasites) mais la pourriture abîme la vendange certains automnes pluvieux…

Le terroir s’exprime aussi au travers des rouges, fruits de l’assemblage de Pineau d’Aunis, Pinot noir et Cabernet franc.

Le Pinot noir, c’est la base des plus grands vins rouges de Bourgogne, le premier cépage (en surface) en Champagne. En fait, il est présent partout en Europe et en France, à l’exception notoire du Bordelais. En vallée du Loir, il n’est cultivé que dans le Vendômois. Son jus est blanc, sucré, abondant, ses grappes, petites, serrées, sujettes à la pourriture grise. Les grains, petits, presque ronds, sont bleu foncé, leur peau est mince. Précoce, il craint les gelées printanières et la coulure (la non-fécondation des fleurs). Rarement vinifié pur, il apporte dans les assemblages une jolie couleur rubis sombre (même jeune), de la finesse et du nez. Arômes complexes (fruits rouges jeune: framboises, mûres; puis cuir, sous-bois, beurre de cacao...

Le gamay, connu depuis le Moyen Âge, serait originaire de Puligny-Montrachet (Bourgogne). Le gamay rouge à jus blanc a fait la richesse du Beaujolais sur sols granitiques. En Bourgogne, sur sols calcaires, on l’assemble avec le pinot noir pour obtenir le passe-tout-grain. Peut être élevé en rosé.

Cultivé dans tout le centre de la France, il a migré jusqu’en Californie. En Touraine, il peut sortir en

primeur, dès le 3è jeudi du mois de novembre.

En vallée du Loir, le gamay se plaît bien dans ses expositions appropriées sur des sols ingrats. Ce cépage, qui résiste bien aux maladies, donne un vin souple, fruité, à boire jeune (arômes fruits rouges, banane et bonbons anglais).

Le chenin blanc est l’autre heureuse surprise de ce terroir où le silex affleure. On en tire un vin sec, aux arômes d’agrumes, à déguster avec un poisson ou un fromage de chèvre de pays.

Vieux cépage d’Anjou, connu dès le IXè siècle, le chenin est importé en 1445 par l’abbé de Cormery au Mont-Chenin, en Touraine, dont il a gardé le nom. C’est LE grand cépage blanc d’Anjou et de Touraine, à la base de grandes appellations, notamment Bonnezeaux, Layon, Saumur blanc, Vouvray…

En France, le chenin ne donne de grands vins que dans les pays de Loire. Ailleurs, il boude. On peut néanmoins le rencontrer dans le Midi, en assemblage, où il apporte finesse, bouquet et acidité à quelques vins blancs à bulles-car il « prend bien la mousse ». Il a bien réussi en Californie du Nord où il donne des blancs réputés.

« Cousin » (même famille ampélographique) du pineau d’Aunis, on remarque le même bourgeonnement cotonneux blanc à liseré rose. Les jeunes feuilles sont également duveteuses à plages bronzées… Les grappes sont assez compactes et coniques. Vigoureux, assez producteur, de caractère mordant, acide, c’est un cépage nerveux dont les grains prennent de belles couleurs dorées à maturité.

Jeune, il développe des arômes floraux, puis fruités (orange, caramel, encens, fruits secs, agrumes, miel, pommes…).

Dans la vallée du Loir, on peut cueillir très tard ce cépage tardif, fin novembre, par tris successifs. Il est alors attaqué par la pourriture noble (comme chaque année dans le Layon) et donne des vins d’une grande richesse, fruités, très fins, très bouquetés qui vieillissent merveilleusement bien. Son plus grave défaut est un débourrement précoce (épanouissement des bourgeons), début avril, qui l’expose aux gelées printanières.

 

Les spécificités des vins AOC Coteaux du Vendômois

verres de vin blanc

Vin rouge : intensité colorante moyenne, arômes poire et poivre. Souple et épicé.

Vin gris rosé : à peine coloré (« oeil de gardon ») au goût légèrement poivré (« fraîcheur piquante »).

Vin blanc : sec aux nuances minérales, long en bouche.

Conseils destinés aux amateurs qui vont ramener des bouteilles de leur séjour en Vendômois

Délais de garde : de 3 à 5 ans pour le rouge, beaucoup plus pour le blanc qui dispose d’un potentiel de vieillissement remarquable. Le gris, en revanche, se boit jeune.

Température idéale : entre 8 et 10° pour le blanc et le gris, entre 16 et 17° pour le rouge.

 

La meilleure façon de découvrir ce vignoble est encore de se rendre sur la Pente des Coutis où maison de vigne, jardin ampélographique (démontrant la science de la vigne), verger et table d’orientation vous emmènent au coeur de cette mémoire locale. Avec, en prime, une vue imprenable sur Vendôme.

point de vuegrappe de raisinmaisonnette

Mais l’AOC Coteaux du Vendômois, c’est avant tout une histoire d’hommes et de femmes passionnés par la vigne et leur métier. Il s ont accepté d’accorder un peu de leur temps pour vous parler de ces vins vendômois encore méconnus mais dans lesquels ils mettent toute leur énergie.

Voici donc quelques figures de la viticulture vendômoise. Nous leur avons demandé de choisir chacun leur vin préféré. Pas facile quand on les aime presque tous. Ils l’ont fait quand même.

 

La vigne et le vin en Pays de Vendôme, c’est aussi :

Le musée de la vigne et du vin 41100 Thoré-La-Rochette (10 km de Vendôme)

Musée de la vigne et du vin

 

 

 

Véritable caverne aux souvenirs avec les instruments, machines et objets ramenant à l’époque où les vendanges se faisaient encore à la main….

 

 

 

 

L’observatoire des vins 4100 Thoré-La-Rochette (10 km de Vendôme)

observatoire du vin

 

Un laboratoire oenologique de 20 places où des séances d’initiation à la dégustation peuvent être organisées, pour une découverte plus approfondie des spécificités des vins AOC Coteaux du Vendômois.

Renseignements: Syndicat de l’AOC Coteaux du Vendômois

Tél/fax: 02 54 72 75 37